Ecrire un scénario : les techniques fondamentales

Stage en cours
de conventionnement
AFDAS

Formation ouverte pour 8 stagiaires

15 jours, 105 heures

Profil professionnel des stagiaires

Professionnels du cinéma et de l’audiovisuel désirant acquérir les principes fondamentaux de l’écriture pour l’écran

Objectifs Pédagogiques

- Connaître et maîtriser les fondamentaux théoriques de la dramaturgie

- Acquérir les outils permettant de “fluidifier” son processus créatif

« Ecrire un scénario : les techniques fondamentales » est une formation destinée aux apprentis scénaristes et aux professionnels de l’audiovisuel qui veulent acquérir les principes fondamentaux de l’écriture pour l’écran.

Pourquoi se former aux techniques d’écriture ?

De même que Michel-Ange a dû assimiler les règles picturales et les principes de l’anatomie avant de peindre le plafond de la Sixtine, de même que Bach a dû apprendre le solfège avant de composer ses partitas, l’écrivain s’appuie sur des techniques solides pour entreprendre une œuvre. Loin de formater la créativité, ces techniques permettent à l’auteur de gagner du temps, de résoudre ses problèmes, de tenir son cap. Elles sont la clef de la création dans le plaisir, plutôt que dans la souffrance.

C’est particulièrement vrai dans les domaines du cinéma et de l’audiovisuel.

D’abord, parce qu’un scénario implique une écriture bien particulière. L’action, l’image, le dialogue, ont seuls leur place sur la page. Écrire un film sans aucune mention de la psychologie des personnages, de leur discours intérieur, de la direction d’acteurs ou du cadrage d’un plan, relève de l’impossible pour le novice. Cela s’apprend.

Et puis, parce qu’ « écrire, c’est réécrire ». En scénario, le premier jet génial n’existe pas. On réécrit pour satisfaire un producteur, un réalisateur, un diffuseur. Si l’auteur prend du plaisir à coucher sur le papier la première version d’un texte, produire la version n°14 peut entraîner des envies de meurtre. L’inspiration devenant inopérante, la technique prend le relais.

 

Les objectifs de la formation

Cette formation vise à transmettre de solides bases théoriques. Mais, à égalité, elle entend mettre ces bases en pratique, pour que le futur scénariste puisse ensuite les appliquer à bon escient.

- Clarification des fondamentaux théoriques.

Incident déclencheur, arc dramatique, anticlimax : on jargonne beaucoup, dans la technique scénaristique. Nous développerons un vocabulaire commun, découvrirons l’utilité des schémas structurels, étudierons la mythologie, et verrons comment ces outils clarifient notre compréhension de l’objet-scénario et des attentes du spectateur / producteur / diffuseur.

- Mise en pratique quotidienne.

Combien d’auteurs ont-ils passé des semaines à écrire des « bibles » racontant le passé de leurs héros, pour ne jamais les utiliser dans la rédaction du scénario ? Tous les jours, des exercices communs, puis individuels, permettent aux futurs scénaristes de mettre en application les acquis.

- Fluidification du processus créatif.

Recueillir du matériel brut, l’organiser, le rendre utilisable, sont des étapes du processus créatif que la plupart des apprentis auteurs effectuent à l’aveuglette. Nous apprenons à utiliser les fiches bristol, le dictaphone, les logiciels d’écriture, le « writing wall », pour que chacun trouve la méthode qui lui permettra d’aller droit au but.

- Travail en groupe.

La co-écriture, à deux ou en « pool » pour les séries et les sitcoms, est de plus en plus répandue. Mais il ne suffit pas de s’installer autour d’une table pour que les idées qui fusent se transforment en scènes qui fonctionnent. À travers les exercices en groupe, nous examinons les notions d’écoute, de respect, de rebond… et de droits d’auteurs.


Formateurs

Claire Dixsaut

Claire Dixsaut est co-scénariste de plusieurs séries télévisées aux Etats-Unis (“Justified”, “Under the Dome”, “The Cleaner”, “The Good guys”) et scénariste d’une dizaine de films Direct to Video puis Direct to VOD.
En France, elle est script doctor pour différentes sociétés de production (Gaumont : “OSS 117 : Le Caire Nid d’Espions et “OSS 117 : Rio ne répond plus”, Ego Productions, Kazak Films…) et des scénaristes indépendants.
Elle enseigne aussi le scénario et les mécanismes de la production pour plusieurs structures : ESEC (École Supérieure d’Études Cinématographiques) ESG (École Supérieure de Gestion), ISCPA (Institut Supérieur de la Communication, de la Presse et de l’Audiovisuel), INA…

Outre ses activités de scénariste, Claire Dixsaut est considérée par la profession audiovisuelle comme LA référence française en termes d’enseignement du pitch.
Elle forme à cette discipline depuis 1998 dans divers pays d’Europe, faisant partager aux stagiaires une riche expérience d’ex-directrice de production et de responsable d’unités de programmes, en France et aux USA (Ex-line producer à Canal +, elle a ensuite assuré la création et la direction du pôle de coproduction européenne des documentaires et fictions pour 12 chaînes US du groupe Turner/Time Warner puis la direction des programmes internet de MSN – Microsoft France).
En France, elle forme régulièrement au pitch pour différents établissements et institutions audiovisuels : INA, SACD (notamment lors des festivals de Saint-Tropez, La Rochelle, Aix-les-Bains et Biarritz), Conservatoire Européen d’Ecriture Audiovisuelle…

Claire Dixsaut a été rédactrice en chef du magazine professionnel La Gazette des Scénaristes et a créé à Cannes le prix du meilleur scénario de court métrage dans la Semaine de la Critique.
Elle est également auteur de livres qui marient la cuisine, le voyage et le cinéma («À table avec Charlie Chaplin, 60 recettes vagabondes», «À table avec Louis de Funès, 60 recettes bien de chez nous», «À table avec la Mafia, 90 recettes italo-américaines», «Bon appétit, Mr. Bond !»…).


Programme

STRUCTURE GÉNÉRALE DE LA FORMATION

En amont de la formation, nous remettrons aux participants une liste d’œuvres, films et séries, qui formera le corpus étudié. S’ajoutera une courte sélection, facultative, de manuels de techniques du scénario et d’ouvrages traitant de l’écriture pour l’écran.

 

Les trois semaines de formation seront structurées ainsi :

 

Semaine 1 : Le Personnage, cœur de l’histoire.

Nous traiterons les sujets suivants :

- Le Mythe. Mythologies antiques, typologies jungiennes (Joseph Campbell). Avant de choisir un mythe, identifier le cœur de l’histoire. Urgence et résonance personnelles.

- Motivation et faille. Objectif, enjeu, obstacles. Le conflit, intérieur et extérieur, clef de la dramaturgie.

- Personnalité, morale, attitude, valeurs. Leur transcription : Action / Réaction. La « voix » d’un personnage, grammaire et vocabulaire. Le point de vue. Identification, empathie, déterminer quelles émotions l’auteur souhaite communiquer.

- L’arc dramatique du personnage. Évolution, retournement, récompense. Révélation, rédemption, destruction. L’arc prend sa force par contraste avec ceux des autres personnages.

- Les personnages secondaires. Personnages fonctionnels. Personnages porteurs de résonance et de complexité du thème. Le compactage de plusieurs personnages en un seul. Gravitas des petits rôles. Penser aux acteurs.

 

Semaine 2 : La Structure, de l’histoire à l’écran

Nous traiterons les sujets suivants :

- Le découpage en actes. La structure en 3 actes : installation-développement-résolution. Elle s’applique même aux structures différentes : sitcom en 2 actes, épisode de série en 4 actes… Pourquoi et comment. Unité de temps, de lieu et d’action.

- La Scène. Image, Action, Information. L’arc intérieur. Où commencer, où finir une scène. Flash-back et flash forward.

- Les points pivotaux : climax, anticlimax, incident déclencheur, point de non-retour, implant, obstacle, retournement, séquence centrale, « grandes scènes ». La progression dramatique.

- Les intrigues secondaires. Leur structure propre. Leur intégration dans la structure globale.

- Les structures non-linéaires. Films-puzzle, films choraux… Les contraintes spécifiques.

 

Semaine 3 : Écrire par l’Image, le savoir-faire du scénariste

Nous traiterons les sujets suivants :

- Le Sujet et le Thème, porteurs d’univers visuels. Le fléchage vertical, de l’universel au particulier et retour. Le Mythe et ses traductions visuelles (de Saint Georges et le dragon aux Dents de la mer).

- La caractérisation par l’image. Mise en œuvre de la caractérisation en action. Étude de films muets.

- Les leitmotivs. Charger un objet d’émotion, et faire varier les émotions sur ce même objet.

- Les transitions visuelles. L’ellipse. Les inserts. L’effet Koulechov. Jouer avec le découpage. L’image, c’est aussi le rythme.

- L’utilisation du son dans un scénario. Bande musicale ou source. La question des droits. Le son comme outil de transition. Le travail de Walter Murch.

- Combien coûte mon image ? Bases du chiffrage pour une écriture visuelle commercialement acceptable.

 

STRUCTURE D’UNE JOURNÉE, EXERCICES EN GROUPE, TRAVAUX D’ÉCRITURE

 

LA STRUCTURE D’UNE JOURNÉE :

 

Chaque journée sera structurée ainsi :

 

MATIN

Bilan des exercices de la veille. Cours et outils théoriques sur le thème du jour. Application des outils théoriques : brainstorm sur leur mode d’application et leur impact. Projection d’une ou plusieurs séquences (film ou TV) qui mettent en œuvre, ou qui contredisent, les principes et les outils développés. Étude d’extraits de scénarios.

 

Exemple :

Thème de la semaine : La Structure. Sujet du Jour : La Scène.

Théorie : Image, Action, Information. Trois types de scènes, ou trois composants de chaque scène ?

Les séquences d’ouverture. Visuelles : l’enterrement de L’homme qui aimait les femmes (sc. F. Truffaut, S. Schiffman, M. Fermaud). Dialoguées : l’enterrement de Lawrence d’Arabie (sc. R. Bolt et M. Wilson).

Le poids de l’image dans une scène de dialogue.

 

Extrait : Les Aventuriers de l’arche perdue, sc. George Lucas et Philip Kaufman. Séquence : Deuxième séquence d’exposition, à l’université. Indiana Jones apprend que les Nazis ont découvert la cité perdue de Tanit.

Structure de la scène, caractérisation du héros, utilisation des images (le tableau noir, la gravure ancienne) et des référents culturels (le catéchisme) dans une scène de dialogue. Le rythme, apporté par les personnages secondaires qui s’interrompent.

 

Théorie : Où commencer, où finir une scène. L’arc dramatique intérieur d’une séquence. L’inversion des polarités. La notion de tension dramatique. Billy Wilder.

 

Extrait : La grande illusion, sc. Charles Spaak.

Séquence : Boëldieu, jusqu’alors tenu à l’écart par ses compagnons de chambrée, leur sauve la mise en dissimulant la corde destinée à leur évasion. Analyse : Évolution de Fresnay et Gabin. Les thèmes, le sujet, la construction verticale. Changement de rythme dans la scène. Continuité naturelle. Pourquoi finir ici ?

 

Théorie : Plusieurs petites séquences plutôt qu’une grande. Le montage parallèle, porteur de sens et de tensions. Le « montage rapide » pour indiquer le passage du temps. Les « grandes scènes » et les plans-séquence.

 

Extraits : Comparaison de la séquence d’Alphaville (sc. Jean-Luc Godard d’après Peter Cheyney) où Eddie Constantine ouvre des portes, avec l’hommage qui lui est rendu par Stanley Kubrick dans The Shining (sc. S. Kubrick et Diane Johnson d’après Stephen King).

 

APRÈS-MIDI

Mise en application des outils par le groupe lors d’exercices en commun ou en petits groupes. Les exercices en groupe permettent de développer toutes les facettes du thème de la journée, et apportent des compléments théoriques.

Chaque jour se conclut par un travail d’écriture à faire pour le lendemain. Explications des objectifs du travail d’écriture, des prérequis et des attentes.

 

LES EXERCICES EN GROUPE

 

Exemples :

 

Thème de la semaine : La Structure. Sujet du Jour : La Scène.

 

Exercice 1 : La Colère du Dragon

Lao Chan, parti à la pêche sur les rives du fleuve jaune, rentre chez lui. Il trouve sa famille massacrée, sa maison en ruines. Il décide de se venger.

Nous écrivons la scène en une page, sans une seule ligne de dialogue.

 

Exercice 2 : La Rencontre

Un homme aborde une femme au buffet de la gare. Ils ne se connaissent pas. Ils sont attirés l’un par l’autre. Nous ébauchons plusieurs versions de la scène en fonction de ses points de départ et d’arrivée.

Commencer gai, finir triste.

Commencer triste, finir gai.

Commencer dans la peur, finir dans l’espoir.

Commencer dans le sordide, finir dans la beauté. Etc.

 

Exercice 3 : Quelques années plus tard

Mérites comparés d’un carton portant la mention « dix ans après » et d’une transition visuelle marquant le passage du temps. Brainstorm : dispositifs visuels de « montage rapide », pertinents selon la personnalité du héros ou l’univers professionnel du film.

 

Exercice 4 : Script Doctoring

Regardons la séquence de Infernal Affairs (sc. Alan Mak & Felix Chong, 2002) qui révèle l’identité du « méchant ». Comparons avec son remake américain, Les Infiltrés (sc. William Monahan, 2006). Différences de rythme, de nature des informations, de dialogue, de lieu. Pourquoi ?

 

LES TRAVAUX D’ÉCRITURE

 

Au cours de la formation, le participant produira deux types de travaux :

 

Les travaux quotidiens

Du lundi au jeudi, un travail est donné tous les soirs, à rendre pour le lendemain matin.

Il représente au maximum une page de texte.

Le travail d’écriture peut être :

- Une scène à écrire ;

- Une succession de scènes, résumées en quelques lignes ;

- Un dialogue ;

- Un projet de film ou de série, format synopsis court, tiré de la presse du jour…

 

Bénéfices pédagogiques

Un scénariste professionnel écrit tous les jours, même quand il rentre à quatre heures du matin. Mille mots par jour est la moyenne préconisée. Le participant adopte un rythme d’écriture qui sera le sien sur des projets professionnels.

Par la variété des travaux proposés (recherche de matériau brut, écriture d’une scène d’action ou d’amour, monologue, description d’un lieu, travail sur l’image ou sur le mot), le participant accumule des techniques mais aussi des idées pour ses projets futurs.

 

La séquence du week-end

Nous proposons deux week-ends studieux, pour écrire sur une durée plus longue une séquence qui sera remise le troisième lundi de la formation.

 

Le participant choisit, en accord avec la formatrice, un personnage de film ou de série existant. Un personnage secondaire dans l’œuvre d’origine, qui deviendrait le protagoniste d’un projet à écrire.

 

Le participant doit écrire une séquence de monologue, placée au début d’un film ou d’un pilote, qui résume l’état d’esprit, l’objectif et les enjeux de ce personnage.

 

À travers les didascalies, il compose également l’environnement visuel de ce monologue. On insistera sur ce dernier point, qui comptera pour 50% dans la réussite de l’exercice.

 

Le participant dispose de tout le travail accompli pendant les deux premières semaines de cours, sur les Personnages et la Structure. On lui remettra aussi un ensemble de textes, d’extraits (Raging Bull, La Haine, Trainspotting…) et de liens pour nourrir sa réflexion.

 

Ce travail de plus longue haleine sera largement lu et discuté pendant toute la partie consacrée à l’écriture par l’image, en troisième semaine.

 

Bénéfices pédagogiques

À travers ce travail, le participant se familiarise notamment avec ces notions :

- Transformer le discours intérieur, propre au roman, en dialogue et en images.

- Raconter une histoire selon un point de vue.

- Construire la « voix » propre au personnage.

- Faire évoluer une scène entre le début et la fin.

- Utiliser l’image pour apporter des informations.

- Découper une séquence en scènes plus courtes. Utilisation d’inserts, de contrechamps…

- Toucher le spectateur au cœur, favoriser l’identification par les références communes et les failles.

- Introduire le suspense dans une séquence de dialogue.

Méthode Pédagogique

Alternance de cours, de visionnage d'extraits de films, d'exercices en groupe et de travaux individuels d’écriture dirigés.

 

Mise en pratique quotidienne de l’écriture.

 

Évaluation

L'évaluation des acquis est continue. Elle est notamment effectuée lors du bilan quotidien des travaux d'écriture (travaux quotidiens + séquence du week-end).

Moyens techniques

- Une salle de travail spacieuse

- Un système de diffusion complet pour visionnage des extraits et séquences d'études : Lecteur DVD + vidéoprojecteur + écran + système de diffusion audio

- Une imprimante pour l'impression des travaux quotidiens

 

Supports

 

Supports de cours

Chaque semaine s’accompagnera d’un support de cours spécifique, envoyé en amont. Il comprendra :

- Les règles et théories,

- Les schémas, diagrammes, tableaux… simplifiant les choix pour chaque thème abordé,

- Des exemples d’œuvres et d’extraits à voir pour approfondir le thème,

- Des contre-exemples et astuces pour faire mentir les règles tout en satisfaisant le spectateur,

- Les exercices de la semaine, avec des indications pour les réussir et un corpus d’extraits en soutien.

 

La documentation complémentaire

En plus du support de cours et des exercices, les participants se verront remettre des outils qui les aideront dans leur écriture.

- Extraits de scénarios

- Extraits d’interviews avec des scénaristes

- Documentation : articles dans des domaines variés (psychologie, mythologies, production…), extraits d’ouvrages (mémoires d’écrivains et de réalisateurs, livres techniques sur le scénario)…

- Listes d’archétypes de situations, personnages et mythes. Schémas, tableaux et graphiques.

- Outils pour clarifier leurs projets personnels : fiches d’évaluation, check-lists

- Bibliographies thématiques

- Liens Internet

- Filmographies thématiques (sur demande)

 

Supports vidéo

DVDs de séries ou films emblématiques pour projection d'extraits servant à illustrer les notions abordées.